Naples-Juventus: Le mental du leader

Publié le par footbook

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Comme on pouvait s'y attendre, match de malade au San Paolo hier soir entre Naples, le Sud, et Turin, le Nord.


Tout feu, tout flamme en ligue des champions, en témoigne leur récente victoire face à City, le Napoli ne peut pourtant pas pavaner autant en série A. Trop de points perdu à domicile, des attaquants en panne sèche et une équipe incapable de créer du jeu. Diamétralement le contraire de l’année précédente. Déjà relégués à 7 longueurs des leaders, les napoltainsi ne peuvent pas se permettre d’erreur, sous peine d’être rapidement décroché du wagon de tête.
Et quand on sait que ce soir se dresse une Juventus en pleine bourre, y’a de quoi flipper. Surtout que Cavani, blessé, a dû décaler forfait au dernier moment pour ce choc.

Dès les premières foulées, c’est une Juve dominatrice et conquérante que l’on peut voir. En patron les turinois imposent leur rythme à des napolitains rentrés timidement dans leur match. Après avoir allumé la première brèche du match par Vucinic, le vieille dame va se rendre la vie difficile toute seule en concédant un pénalty idiot, après un fauchage façon OGM de Pirlo sur Lavezzi. Hamsik s’élance, et marque… mais l’arbitre décide de faire retirer le pénalty.. Toujours difficile de remarquer un pénalty une seconde fois, et cela se vérifie une fois de plus puisque l’homme à la crête envoie un pétard dans les tribunes. Grosse sueur froide pour les patrons de la Serie A qui, après ce fait à l’arrivée favorable, va se mettre à reculer et à subir les assauts des locaux.
Le match se durcit au fil des minutes, Monsieur Tagliavento dégaine les cartons à tout va, les turinois sortent peu à peu de leur match et concède beaucoup de coup franc. Et sur l’un de côté gauche, Hamsik, malheureux quelques minutes auparavant, va pouvoir se faire pardonner. Profitant d’une bonne déviation de la tête de Lavezzi au second poteau, le génial Slovaque ne se fait prier et pousse la balle au fond des filets sur une tête plongeante. San Paolo s’embrase, et le Napoli profite d’une Juve qui déjoue complétement pour ouvrir le score.
Nouveau signe de faiblesse montrée deux minutes plus tard par la défense turinoise qui se fait chiper un ballon dans ses 20mètres, et il faut une balle parade de Buffon devant Pandev pour éviter le scénario cauchemar. Si séduisante depuis le début de la saison et surtout invaincue, la Vieille Dame, hormis les cinq premières minutes, passe complétement à côté de son début de match. Naïve et systématiquement débordé sur chaque accélération adverse, le leader de la Serie A montre un visage que l’on n’avait pas encore cette saison. Cela permettra peut-être de voir réellement ce qu’elle a dans le ventre.
Peu avant la mi-temps, nouvelle illustration d’une Juventus totalement en perdition. Suite à un ballon mal dégagé par Pirlo, Pandev hérite du ballon avec de la réussite et s’en va doubler la mise devant un Buffon qui ne peut rien faire. Maximum de réussite pour des locaux qui ne vont pas s’en plaindre. Résultat à la mi-temps, le patron du championnat se retrouve mené 2 à 0 par une équipe napolitaine pas forcément supérieure mais bien plus appliquée et bien plus concentrée. Complétement à côté de leur sujet, les hommes d’Antonio Conte se doivent de réagir en seconde mi-temps s’ils veulent éviter d’essuyer leur première défaite de la saison. Réaction attendue donc pour cette seconde période.

Et pour notre plus grand bonheur, cette réaction ne se fait pas attendre. Bonifiant une offrande de Vidal après un beau mouvement collectif, le beau blondinet Matri vient crucifier De Sanctis impuissant et inscrit son 6éme but de la saison au passage. L’abattage et la détermination affiché par l’ancien joueur de Cagliari depuis son arrivé l’hiver dernier dans le piémont est impressionnant et se révèlent très précieux pour l’attaque turinoise. Vexée, la vieille dame a fait parler l’orgueil d’entrée en seconde mi-temps et relance du même coup l’intérêt du match. Le deuxième acte s’avère bien plus plaisant que le premier, et dans la foulée du but de Matri, son compère d’attaque Vucinic, a bien failli nous offrir un scénario rocambolesque. Bien servi sur la gauche dans la surface, le Monténégrin voit sa tentative repoussée par De Sanctis. Les Turinois sont définitivement revenus dans la partie, et du même coup, contrairement à la première période, ce sont les locaux qui reculent et qui laissent passer l’orage. Cherchant leur second souffle, les hommes de Mazzari ont malgré tout quelques bonnes possibilités sur contre à exploiter. Et sur l’une d’elle à 20 minutes de la fin, Pandev vient s’offrir un doublé et calme les ardeurs du leader. Suite à centre de l’intenable Maggio, l'ancien interiste contrôle dos au but le cuir en pleine surface et effectue un enchainement de génie. Contrôle dos au but, il se ramène le ballon avec la cuisse dans le sens de la marche et pétarade du gauche de volée un Buffon qui ne peut que constater les dégâts. Devant ce geste de classe de mondiale, le public de San Paolo en délire scande le nom de son héros pendant une bonne minute.
Pour faire un grand match il faut deux grandes équipes sur le terrain. Pour la deuxième de la rencontre le Napoli pense avoir fait le plus dur en breakant, et se dit que l’affaire est pliée. Mais voilà ce match est finalement fou. A peine remis sa standing ovation accordé pour Pandev, le public du San Paolo ne s’attendait pas à vivre une fin de match si compliquée. Quatre minutes après le but de Pandev, après un centre venu de la droite dévié par Matri au second poteau, Estegarribia, étrangement seul, en profite pour réduire une nouvelle fois le score. Probablement encore dans l’euphorie de son but, la défense Napolitaine en a oublié de se reconcentrer. Pas le temps de souffler que dans la foulée, Vucinic comme après le but de Matri, obtient une nouvelle action d’égaliser qui sera encore fois repoussée par De Sanctis. Le Napoli est asphyxié par les coups de buttoirs des attaquants visiteurs, et à dix minutes de la fin va intervenir le deuxième éclair de la soirée. Parti du milieu de terrain, Pepe, très en forme depuis le début de la saison, va traverser tout le terrain et transpercer la défense adverse en solo comme un grand et s’en va égaliser. Certes, il a bénéficié d’un peu de réussite, mais l’action n’en reste pas moins géniale. Trois partout, la rencontre tiens toutes ses promesses. Les dix dernières minutes seront le théâtre d’un coast to coast ou chaque équipe cherchera la gagne. Mais le score ne bougera plus et les deux formations peuvent rentrer au vestiaire la tête haute.

Quels enseignements à tirer après ce match ? Premièrement que le Napoli de la saison dernière n’est pas mort, et que même sans Cavani les joueurs de Mazarri sont capables de réaliser de très belles choses. Et quand on se penche sur le calendrier à venir, on peut penser que les sudistes peuvent très vite revenir aux affaires.
Pour ce qui est de la Juve, pas de doute, elle n’est pas leader par hasard. Complétement au fond du trou en première période, Conte a su trouver les mots justes pour redynamiser son équipe à la mi-temps. Sous l’impulsion d’un Matri toujours aussi impressionnant, les turinois ont su renverser avec autorité une situation bien compromise. Toujours invaincu et de nouveau leader avec ce point arraché, le statut de cette Vieille dame « new look » n’est pas usurpé.  Pour aller chercher cette Juve là, il va sacrément falloir envoyer le pâté.

David

Publié dans Série A

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